La  fondation  du  parc  animalier  belge  Pairi Daiza et  la  start-up  française  Vaxinano s’engagent ensemble dans un projet de recherche prometteur dans le but  de lancer un vaccin contre l’herpès de l’éléphant. Une maladie fulgurante et mortelle  dans 80% des cas pour les jeunes éléphants d’Asie. Pour rappel, Pairi Daiza accueille  le plus grand groupe d’éléphants d’Asie en Europe. 

Le virus de l’herpès peut tuer un éléphant en 48 heures 

Il existe une grande variété d’herpèsvirus. L’herpès de l’éléphant ne cause pas un simple  bouton de fièvre comme le fait l’herpès buccal qui affecte les humains. Il est l’une des plus  grandes causes de mortalité infantile chez les éléphants d’Asie, tant en milieu naturel que  dans les  jardins  zoologiques.  Ce  virus  est  vraisemblablement présent  de  façon latente  chez la plupart des éléphants mais ce sont surtout les jeunes qui y sont sensibles. Il frappe  essentiellement les individus âgés de 1 à 8 ans. Il provoque une maladie hémorragique  aigüe, se traduisant notamment par des œdèmes et des hémorragies internes. Les jeunes  éléphants d’Asie perdent la  vie dans plus de 80% des cas et ce en quelques heures ou  quelques jours à peine. 

Pairi Daiza est actif sur trois fronts pour combattre l’herpès des éléphants A l’heure actuelle, aucun vaccin ne permet de protéger les éléphants et aucun traitement  ne  peut  garantir  la  guérison  de  l’animal  une  fois  qu’il  a  déclaré  la  maladie.  Seul  un  traitement de soutien peut, dans les cas les plus favorables, s’avérer salvateur, surtout  s’il est mis en place rapidement.  

C’est  notamment  ainsi  qu’avait  pu  être  sauvée, en  février  2019, la  petite  Sanuk,  une  éléphante d’Asie de deux ans résidant au ARTIS Amsterdam Royal Zoo (Pays-Bas) qui était  infectée par l’herpès des éléphants. Et, deux ans plus tard, en juin 2021, la jeune Amithi à  Pairi  Daiza. Dès  l’apparition  des  premiers  symptômes,  les  éléphantes avaient  pu  bénéficier, notamment, de transfusions de plasma, collecté auprès d’éléphantes de Pairi  Daiza. En effet, avec son troupeau d’éléphants le plus grand d’Europe (21 éléphants d’Asie  et 2 d’Afrique), d’une part, et le recours au « contact direct » entre les éléphants et leurs  soigneurs  Pairi  Daiza,  est  de  facto  une  banque  de  plasma.  Grâce  à  cette  relation  de  proximité permanente entre les animaux et leurs soigneurs, il est possible de prélever 

rapidement et en toute sécurité une grande quantité de sang quand un éléphanteau est en  danger. Le sang des vingt-et-un éléphants d’Asie du Parc représente ainsi une ressource  précieuse de plasma pour intervenir en cas d’urgence dans d’autres parcs en Europe.  

Dans  le  même  temps,  la  Pairi  Daiza  Foundation  a  travaillé  à  la  mise  en  place  d’un laboratoire de diagnostic de l’herpès de l’éléphant en Belgique, en collaboration avec le  laboratoire vétérinaire Zoolyx d’Alost. 

La prochaine étape porte sur la mise au point d’un vaccin. 

La Pairi Daiza Foundation s’associe à Vaxinano pour développer un vaccin. Pour  protéger  cette  espèce,  classée  « en  danger »  par  l’Union  Internationale  pour  la  Conservation  de  la  Nature  (IUCN),  un  vaccin  représenterait  un  outil  de  choix.  Le  développement de ce précieux bouclier requiert toutefois de longues recherches, d’autant  plus que l’herpèsvirus de l’éléphant est particulièrement difficile à étudier en laboratoire.  

La Pairi Daiza Foundation est heureuse de contribuer à ces recherches en soutenant un  projet innovant mené par Vaxinano, société de biotechnologie française spécialisée dans  le  développement  de  vaccins  et  déjà  impliquée  dans  la  conservation  des  espèces  menacées  aux  côtés  de  Pairi  Daiza  avec  une  précédente  campagne  de  vaccination  des  primates contre la toxoplasmose.

Cette contribution de la Pairi Daiza Foundation, qui  s’élève  à  75.000€,  permettra  de  financer  le  développement  de  composants  du  potentiel vaccin et de contribuer à des analyses visant à déterminer comment  le  système immunitaire des éléphants y réagit. Un processus qui se déroulera dans les  laboratoires  de  Vaxinano,  mais  aussi  dans  l’enceinte  de  Pairi  Daiza,  les  analyses  impliquant notamment la récolte régulière d’échantillons de sang auprès des éléphants  du Parc. 

Le  chemin  est  encore  long  avant  d’aboutir  mais  l’espoir  est  grand  pour  les  éléphants  d’Asie, dont la vie de chaque éléphanteau est mise en péril par ce virus mortel.  

Crédit Photos : PairiDaiza

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